L’épicerie italienne

L’épicerie italienne

Il y a de petits bonheurs qui se font rares. Débarquer dans le centre ancien de Grenoble pour le seul plaisir d’y dévaliser l’épicerie italienne de la rue près de la place du marché aux herbes est de ceux là.

Tout commence par une matinée d’avril, un temps doux de printemps, presque lourd, un ciel à peine couvert… Le timing est serré. Il est 10h30, vous avez un peu plus d’une heure, alors vous foncez, autoroute, porte de France, les quais… Pas de place ? Qu’à cela ne tienne, vous vous garez à l’arrache à Très-cloîtres comme avant, avant que l’on ne vire la voiture du centre-ville, avant que nous ne prenions conscience du rapport entre omniprésence de la bagnole et qualité de vie dans la ville, mais je m’égare.

Vous vous dépêchez, le temps passe, hop, rue Brocherie, vous sautez les marches de l’épicerie, à vous risotto, polenta, farfalle, pesto, pesto rosso, penne, spaghetti, prosciutto San Daniele, parmigiano, Montepulciano, Valpolicella…

Une petite virée ensuite au marché aux herbes, non sans jeter un regard vers la rue Renauldon, coeur du vieux quartier Arabe où vous avez dévoré, plus que l’on ne peut en dévorer en une vie, kebabs et américains harissa mayo, makrouts et thés à la menthe…

Vous vous mêlez rapidement à la foule, vous choisissez quelques laitues, quelques fruits, faites la queue, vous lâchez quelques pièces.

Libéré, vous prenez enfin le temps de regarder les gens, les couleurs du marché, les hautes façades des immeubles de la même rue Brocherie. Vous débarquez place de la Cathédrale, et vous ne pouvez résister au plaisir de prendre un petit café à la terrasse du Tonneau de Diogène, face au musée d’histoire de l’Isère, ancien Evêché.

Un court moment de plaisir pour savourer ces lieux de votre jeunesse -déjà…-. Un tram passe, un autre, vaisseaux urbains surdimensionnés… Un improbable maître de conférences hirsute à vélo se glisse sur les voies, à l’arrière de la rame. Pas de doute, nous sommes bien à Grenoble. 11h45. Il est l’heure de partir. Déjà.

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